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Sociologie des rapports entre professionnels de la santé et populations fragilisées

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

4e jeudi du mois de 17 h à 20 h (salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 25 octobre 2018 au 27 juin 2019

La cohésion sociale et la réduction des inégalités de santé sont données comme objectifs aux politiques publiques et aux institutions du champ sanitaire et social. Dans le même temps, les professionnels de la santé ont à faire face à des contraintes organisationnelles, réglementaires, budgétaires qui  modifient leurs pratiques.   

On cherchera à saisir la façon dont les modifications, les mutations, ainsi que les permanences observables dans les dispositifs, les structures et les pratiques des professionnels de la santé s’articulent aux besoins et aux pratiques de populations fragilisées, eux aussi en constante redéfinition.

Ce séminaire de recherche résulte d’un croisement thématique et suit une double perspective :

  • L’analyse de la fragilisation de fractions importantes de la population, tant d’un point de de vue économique ou social, que d’un point de vue sanitaire. On s’interrogera sur les besoins, les modes d’accès, les formes de recours aux soins et accompagnements médicaux de ces personnes.
  • La compréhension des rapports sociaux liant professionnels de santé et populations fragilisées. L’analyse s’appuiera aussi bien sur des observations à l’échelle des structures et des politiques globales de santé que sur des enquêtes portant sur l’expérience interindividuelle  de la consultation ou du recours au soin. Elle permettra de s’interroger sur les représentations réciproques, les types de légitimités et les processus de domination, de contournement ou de retournement à l’œuvre.

Les séances s’attacheront à une mise en perspective conceptuelle, théorique et méthodologique d’enquêtes qualitatives et/ou quantitatives. Elles s’appuieront sur la présentation, par les organisateurs du séminaire et par des orateurs invités, d'expériences de terrain ou de travaux de recherches empiriques.

L’accès en est libre.

Jeudi 25 octobre 2018 : Bernard Ennuyer  (ancien directeur de service associatif d’aide et de soins à domicile à Paris, sociologue HDR, enseignant chercheur associé à l’EA « Ethique, Politique et Santé » de l’Université Paris V - René Descartes), « Personnes “âgées” et “fragilité”, une vision “biomédicale” de l’avance en âge »

La notion de fragilité (frailty) pour catégoriser les personnes âgées (60 ans et plus au sens de l’Insee) ayant des difficultés de vie quotidienne est apparue dans les années 1990 sous la plume des médecins d’Amérique du Nord (notamment Rockwood, 1994 et Fried 2001). Cette notion de fragilité était supposée concurrencer/supplanter la notion de dépendance, utilisée en France depuis les années 1980, notion elle aussi annexée par les gériatres, dans les années 1975, pour catégoriser les « personnes âgées » ayant besoin d’aide dans les actes de la vie quotidienne (Ennuyer, Les malentendus de la dépendance, Paris, Dunod, 2003). Pour autant, comme le disait en 2004, le médecin François Blanchard « d’où vient le succès du mot “fragilité” alors qu’il apparait comme un concept très complexe difficile à saisir sur un plan scientifique ? » (Gérontologie et Société, Fragilités, n° 109, 2004, « la fragilité du sujet âgé », p.13)

Aujourd’hui, au moment du lancement de la concertation « grand âge et autonomie » le 1er octobre, à partir de quels vocables, de quels outils et avec quelle gouvernance peut-on piloter les politiques publiques et financer les services à mettre en place pour assurer à la minorité (10%) des personnes dites âgées (60 ans et plus), ayant besoin d’aide et de soins sur la longue durée (long term care), le choix de leur lieu de vie ?

Jeudi 22 novembre 2018 : Virginie Muniglia (sociologue, EHESP Rennes), « Entre ruptures et recherche de liens : construire la relation d’aide avec les jeunes vulnérables  »

Le système d’aide en direction des jeunes adultes repose sur la capacité des individus à prouver qu’ils sont acteurs et investis dans un projet d’insertion en contrepartie du soutien qui leur est apporté. Cette injonction à l’autonomie dans la prise en charge de son propre parcours fragilise les jeunes adultes les moins à même de répondre à ces exigences du fait d’un cumul de problèmes de sous-scolarisation, de difficultés psycho-sociales et de santé, d’une faiblesse des supports interpersonnels et d’un éloignement par rapport aux exigences institutionnelles. L’analyse des expériences juvéniles et des pratiques des professionnels qui les accompagnent montre cependant que certains intervenants, par leur investissement, le contournement des cadres de leur intervention et le dépassement de leurs attributions professionnelles, se muent en promoteurs de soins et en producteurs d’accès aux droits pour les plus vulnérables.

Aires culturelles : Europe, France,

Intitulés généraux :

Centre : CMH - Centre Maurice-Halbwachs

Adresse(s) électronique(s) de contact : jean-vincent.pfirsch(at)wanadoo.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 17 octobre 2018.

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