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Vendredi de 10 h à 12 h (INHA, salle Jean-Pierre Mariette, 2 rue Vivienne 75002 Paris), les 16 novembre, 7 décembre 2018, 18 janvier, 8 février, 15 mars et 5 avril 2019
Ce séminaire se propose de revenir sur les liens fondamentaux entre l’histoire de l’art et les problématiques de genre considérés du point de vue des sciences humaines et sociales. L’enjeu majeur sera d’étudier comment la production artistique et les pratiques afférentes aux savoirs sont, depuis la période moderne, irriguées par les positions théoriques et critiques féministes. Un demi-siècle de publications et d’expositions – et plus encore depuis vingt ans – ont donné lieu à des réflexions fondamentales sur les discours artistiques et les matériaux visuels anciens et contemporains du point de vue des études de genre. Le séminaire compte s’en faire l’écho en retraçant les différentes étapes de construction des féminismes – non seulement en Occident mais à travers le monde. Il s’agira d’en faire l’histoire en se fondant sur les différentes formes artistiques qui se sont trouvées au cœur des luttes contre les discriminations de sexe et de genre mais aussi de contextualiser la création telle qu’elle fut et demeure imbriquée dans des discours féminins et/ou féministes, ou encore dans la pensée marxiste radicale, l’activisme LGBTQI, la conscience écologique et le combat contre les inégalités économiques. À partir de lectures et d’études de cas (expositions, œuvres, images, médias), le séminaire travaillera à comprendre comment les théories féministes et les études de genre transforment l’histoire de l’art.
Vendredi 16 novembre 2018 : Huey Copeland (professeur associé de Northwestern University, « Black Feminist Materialisms »
In this lecture, Huey Copeland focuses on African American painting, particularly abstract work of the 1960s and 70s. While the practices of artists who emerged in that moment, such as Sam Gilliam and Howardena Pindell, have garnered à ncreasing attention in recent years, critical discourse has tended to either emplot them within formalist narratives that elide considerations of race and gender or to frame them in identarian frameworks that leave aside the material complexity of the artworks themselves. In this lecture, Copeland will move beyond this dichotomy in articulating a black feminist approach to the construction of the material world that considers how African American women’s vernacular strategies of making-do variously inform painters’ attempts to critique both the supposed autonomy of abstraction as well as the racialized and gendered construction of the gaze in Western cultures.
Vendredi 7 décembre 2018 : Delphine Seyrig et la vidéo féministe des années 1970
Au cours de cette séance, Giovanna Zapperi prendra pour point de départ le travail de vidéaste de l’actrice, réalisatrice et féministe française Delphine Seyrig. Connue surtout pour ses rôles dans le cinéma d’auteur des années 1960, Delphine Seyrig s’engage ensuite dans le mouvement féministe. Avec d’autres vidéastes militantes comme Carole Roussopoulos, elle réalise vers 1975, un ensemble de vidéos exemplaires d’une pratique des médias désobéissante capable de faire dialoguer l’humour, la critique sociale et l’émergence d’un regard féministe.
Vendredi 18 janvier 2019 : Queers of Color, questions de genre, questions d’engagement
Que permettent les questions de genre comme transformations majeures pour penser les formes de représentation ? en quoi est-il nécessaire aujourd’hui de préserver l’équilibre et le décloisonnement proposés par la non-binarité ? En s’appuyant sur les travaux d’Audre Lorde (Zami, A New Spelling of My Name, 1982 ; Sister Outsider, 1984), de José Esteban Muñoz, (Disidentifications: Queers of Color and the Performance of Politics, 1999) et de Marlon Riggs (Tongues Untied, 1989 ; Black Is, Black Ain’t, 1994), Elvan Zabunyan proposera lors de cette séance de réfléchir à l’importance du queercomme notion à travers un corpus d’images, notamment empruntées aux Underground Ballsde la Harlem Renaissance et aux « corps en performance » lors des récents Afropunk Fests à Brooklyn, à Johannesburg et à Paris.
Vendredi 8 février 2019 : Séance autour du livre : Carla Lonzi : un art de la vie – Critique d’art et féminisme en Italie.
La séance sera consacrée à la présentation du livre de Giovanna Zapperi qui examine les liens entre esthétique et politique à travers la figure emblématique de Carla Lonzi (1931-1982), critique d'art novatrice et l'une des fondatrices du néo-féminisme en Italie.Pour Carla Lonzi, arrêter la critique d'art n'a pas signifié arrêter de critiquer l'art : ses écrits montrent un intérêt constant pour l'art, ses institutions, ses mythes et ses langages, qu'ils ne cessent d'interroger. Ces écrits nous permettent ainsi de réfléchir aux formes de la subordination liées au genre, aux rôles sociaux qui ne cessent de se reproduire, à l'art dans son implication avec le pouvoir et la différence des sexes.
Séance commune avec le séminaire « Something you should know : artistes et producteurs aujourd’hui » (Patricia Falguières, Elisabeth Lebovici, Nataša Petrešin).
Vendredi 15 mars 2019 : De Madeleine à Josephine Baker, ou des modèles de l’Empire aux performeuses de l’entre-deux-guerres
Anne Lafont souhaite consacrer cette séance à la diversité des femmes modèles et noires tout au long du XIXe siècle, et plus précisément encore aux parcours qui ont été les leurs dans la construction d’un espace artistique propre, fait, entre autres, du détournement et de la subversion des clichés (exotiques, sexistes et/ou racistes) avec lesquels elles durent composer. Ces modèles se les approprièrent et, dans une certaine mesure, réussirent même à les transformer au point de neutraliser leur charge. C’est en tout cas la question que l’on se posera face aux différentes stratégies de ces artistes noires.
Vendredi 5 avril 2019 : Tracer de nouvelles généalogies. Art et féminisme dans les années de la Transition démocratique espagnole
Au cours de cette séance, Patricia Mayayo Bost, professeure à l'Université de Madrid, étudiera les liens entre l'art et le féminisme à l'époque de la Transition démocratique espagnole. Elle propose d’entamer une réflexion sur les raisons du silence de l'histoire officielle et des grandes institutions artistiques en Espagne à ce sujet, mais aussi d’étudier les problèmes que pose le projet de réévaluer l'art espagnol contemporain à la lumière du féminisme : notamment, pour ce qui concerne l'inadéquation des catégories d'origine anglo-américaine ─entre autres, celle "d'art féministe"─pour expliquer les singularités du cas espagnol. Patricia Mayayo Bost est invitée par Charlotte Foucher-Zarmanian
Mots-clés : Arts, Culture matérielle, Culture visuelle, Espace social, Esthétique, Féminisme, Genre, Image, Musées, Objets, Sexualité, Visuel,
Suivi et validation pour le master : Ouvert sans validation d'ECTS
Intitulés généraux :
Centre : CRAL-CEHTA - Centre d’histoire et de théorie des arts
Niveau requis :
les étudiants libres et les étudiants de master et de doctorat sont bienvenus.
Adresse(s) électronique(s) de contact : anne.lafont(at)ehess.fr
Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 6 décembre 2018.