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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Anthropologie des espaces et des territoires : l’Asie orientale en perspective

  • Katiana Le Mentec, chargée de recherche au CNRS ( CCJ-CECMC )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Mary Picone, maître de conférences de l'EHESS ( CCJ-CRJ )
  • Claire Vidal, maître de conférences à l'Université Lumière Lyon 2 ( Hors EHESS )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Lundi de 13 h à 16 h (salle A07_37, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 15 octobre 2018 au 17 juin 2019. Cf. calendrier des séances ci-dessous

Dans le cadre de ce séminaire mensuel, nous proposons d’interroger les notions d’espace et de territoire en Asie orientale. À partir d’approches anthropologiques et de matériaux ethnographiques diversifiés, nous réfléchirons à la façon dont les individus et les communautés habitent, occupent et traversent des espaces, identifient des territoires et (se) les représentent. Comment manifeste-t-on, justifie-t-on l’appartenance, la (dé)possession ou le partage d’un lieu, mais aussi de quelle façon ce lieu est-il représenté, (re)qualifié dans le temps et dans l’espace ? Notre intérêt ne se limitera pas aux espaces physiques, qu’ils prennent la forme d’un espace rituel, public ou privé, d’un ensemble architectural, d’une région frontalière ou d’une zone sinistrée. Nous prendrons également en compte les espaces imaginés, le monde des entités spirituelles et de l’au-delà.

Nous explorerons le rapport à l’espace et au territoire selon des échelles d’observation variées (famille, lignage, communauté, quartier, ville, région, nation, État, etc.) et à partir d’éléments discursifs et figuratifs recueillis sur le terrain, en mettant à l’épreuve les méthodes d’enquêtes, les cadres théoriques mobilisés et les modes d’analyse des données.

Ce séminaire est ouvert à tous, spécialistes ou non de ces aires culturelles.

Lundi 15 octobre 2018 : Aurélie Névot, « Montagnes et eaux urbaines. Réflexions sur les nouvelles perspectives du paysage en Chine contemporaine »

Lundi 19 novembre 2018 : Valérie Vandenabeele, « Qu’est-ce qu’un territoire chinois ? Sur la création du premier parc national de Chine dans une région tibétaine »

Mardi 18 décembre 2018 (de 13 h à 15 h, salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris) : Florence Padovani, « La réappropriation de l’espace commun par les résidents à Xi’an et à Shanghai après une phase de modernisation-rénovation »

Mardi 22 janvier 2019 (de 10 h à 12 h, Grand salon, Maison de l'Asie, 22 av du Président-Wilson 75016 Paris) : Aike Rots "Whale Festivals, Social Change, and Environmental Issues in Japan and Vietnam"

Lundi 18 février 2019 : Mary Picone, « Cartes thématiques de l’invisible: localiser les fantômes dans le Japon contemporain »

Lundi 18 mars 2019 : Claire Vidal « À la découverte du paradis terrestre de Guanyin. Une anthropologie des paysages de la Chine contemporaine »

Lundi 15 avril 2019 : Katiana Le Mentec, « Ethnographier un musée local : les représentations de l’espace transformé et disparu au musée de Yunyang (Chongqing, Chine) »

Lundi 20 mai 2019 : Alice Doublier, « Naturaliser le patrimoine. Ressources, territoires et matériaux dans l’artisanat japonais contemporain »

Lundi 17 juin 2019 : discussion générale

Aires culturelles : Arabe (monde), Asie, Asie orientale, Chine, Japon,

Suivi et validation pour le master : Mensuel annuel/bimensuel semestriel (8x3 h = 24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Intitulés généraux :

  • Mary Picone- Données biologiques : imaginaire et identité
  • Centre : CCJ-CECMC - Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine

    Renseignements :

    CCJ-CECMC, bur. A7_34, 54 bd Raspail 75006 Paris, tél. : +33 (0)1 49 54 20 90.

    Direction de travaux d'étudiants :

    contacter l'enseignante référente par courriel.

    Réception :

    sur rendez-vous auprès de l'enseignante référente par courriel.

    Niveau requis :

    séminaire ouvert à tous.

    Site web : http://cecmc.ehess.fr/

    Adresse(s) électronique(s) de contact : katianalementec(at)yahoo.fr

    Compte rendu

    Le séminaire fut organisé pendant deux ans. La première année (2017-2018), six ethnologues statutaires de l’institut de recherche Chine, Corée, Japon et une ethnologue postdoctorante du CEIB se sont réunies pour l’animer (C. Bodolec, K. Le Mentec, M. Picone, S. Ruhlmann, M.-P. Hille, A. Névot et C. Vidal). La seconde année (2018-2019) elles étaient trois : K. Le Mentec, M. Picone et C. Vidal (alors maîtresse de conférence à l’université Lyon 2). La personne référente pour ce séminaire pendant ces deux ans fut Katiana Le Mentec. SAET fut intégré à la plaquette de deux master de l’EHESS (Asie Méridionale et Orientale/Anthropologie). Une vingtaine d’étudiants de l’EHESS et de l’INALCO l’ont validé au cours de ces deux ans. Deux séances se sont déroulées en anglais.

    Née dans le cadre de réflexions au sein du CCJ pour la fondation d’un nouvel axe quinquennal portant sur les problématiques d’espaces et de territoires en Asie Orientale (devenu Axe “L’Habiter en Asie”), le séminaire avait pour objectif d’offrir une plateforme, pour les ethnologues du CCJ et leurs invités, de présenter leurs travaux en cours et d’initier des discussions autour de points spécifiques.

    Au cours de ces deux années (16 séances), le séminaire s’est articulé autour de cinq grandes thématiques. Les ethnographies présentées ont par ailleurs permis de nombreux dialogues transversaux entre ces différentes thématiques.

    1) Duplication et transfert de lieux : Katiana Le Mentec, Marie-Paule Hille, et Claire Vidal
    Trois séances furent consacrées aux processus de duplications et de transferts de lieux. Trois terrains ethnographiques réalisés en Chine furent mis en regard : le déplacement de tombeaux de saints musulmans (et leurs reliques) dans la région de l’Amdo (Gansu méridional) ; le déplacement de deux villes (Yunyang relocalisé pour éviter la montée des eaux en amont du barrage des Trois Gorges et Beichuan, reconstruite après le séisme de Wenchuan) ; le façonnage d’un lieu saint – île du Putuoshan – considéré comme la duplication sur les mers de Chine de la montagne mythique indienne du Potalaka.
    En croisant ces cas, chaque séance a permis de réfléchir à trois axes d’analyse : a) les modalités et enjeux des transferts (des reliques, des éléments de la nature…) tenant compte de la manière dont dévots et habitants envisagent les décisions de ces déplacements ; b) les modalités de (re)fondation de sites saints chinois à la jonction du réel et de l’imaginaire ; c) Les transferts de site donnant lieu à des transformations dans les usages des toponymes dans le contexte de la Chine contemporaine.

    2) Espaces des morts et mondes des âmes : Sandrine Ruhlmann, Mary Picone, Sebastien Penmellen Boret
    Quatre séances ont été consacrées aux espaces accueillant les morts et l’esprit des morts en Mongolie et au Japon. Il s’agissait d’examiner différentes pratiques, perceptions et présentifications du(des) monde(s) des morts, ainsi que les modalités d’action sur/dans ces mondes et sur ces âmes. Chacune de ces séances a permis de déployer une ethnographie fine portant sur :

    a) Le devenir des morts humains et des animaux morts en Mongolie (les espaces et les offrandes leur étant dédiés) ;
    b) Les représentations des enfers au Japon : leur évolution et les cas actuels de projections et réinventions de sites touristiques. ;
    c) Les cartographies des lieux habités par les fantômes au Japon dans le contexte post-Fukushima et les récits qui leur sont associés ;
    d) Le tree-burial comme nouvelle pratique funéraire au Japon, à la recherche de l’immortalité écologique.

    Au-delà de la réflexion sur les espaces et les pratiques funéraires leur étant associées et sur les manières de représenter l’au-delà partant de sites réels, ces quatre séances ont permis de mettre en regard des cas qui étaient en prise avec des contextes et controverses bien particuliers en Asie Orientale, tels que les catastrophes, le manque de place dans les cimetières, les épidémies…

    3) Espace naturel et environnement : entre rites, pratiques et patrimonialisation : Valérie Vandenabeele, Alice Doublier, Aike Roots
    Trois séances furent consacrées aux modalités par lesquelles les éléments de l’environnement (terres, eaux, animaux, bactéries) peuvent être saisis, adaptés, refaçonnés par les humains comme ressources techniques, spirituelles et économico-touristiques. Trois terrains ethnographiques furent mis en regard : le parc national de Pudacuo en région tibétaine (Yunnan, Chine) ; le ferment naturel kôji dans l’artisanat japonais ainsi que la chasse et le culte aux baleines au Vietnam et au Japon. Les trois terrains étaient traversés par des enjeux économiques communs (dépliant les débats entre productivisme et usage durable de ces ressources) et des préoccupations récentes liées à la patrimonialisation de la nature (parfois pour mieux l’exploiter en tant que ressource touristique). Les ethnographies ont également montré combien ce sujet était aussi étroitement lié à des considérations religieuses, spirituelles et philosophiques, ces éléments de l’environnement pouvant être envisagés dans des cadres différents selon les acteurs.

    4) L’espace détruit, disparu ou transformé : représentations et réappropriations : Katiana Le Mentec, Florence Padovani
    Deux séances furent consacrées à l’étude des manières par lesquelles les habitants familiers de sites qui furent détruits se les représentent et parfois façonnent une relation particulière à leurs ruines. Ces séances ont permis une mise en regard de processus anthropologiques de réappropriations physiques, narratives et symboliques des espaces. Ces processus sont particulièrement prégnants en Chine contemporaine avec les nombreuses transformations urbaines, les innombrables projets d’aménagement du territoire ou encore la survenue récurrente de catastrophes, autant d’événements initiant de profondes transformations dans les espaces habités par des populations qui interagissent avec eux, au-delà de leur simple matérialité.

    Deux terrains ethnographiques furent discutés : le premier étudiant les interactions des habitants avec les représentations visuelles des espaces immergés en amont du barrage des Trois Gorges (ethnographie muséale au Musée de Yunyang) ; le second analysant les réappropriations de l’espace commun par les résidents du quartier de Tianzifang (Shanghai) ayant connu un profond réaménagement.

    5) Paysage perçu et paysage façonné : Claire Vidal, Aurélie Névot
    Enfin, deux séances furent consacrées aux manières dont le paysage est représenté, perçu et façonné en Chine. Deux terrains ethnographiques furent présentés sous les intitulés :

    a) « Montagnes et eaux urbaines. Réflexions sur les nouvelles perspectives du paysage en Chine contemporaine » à partir du cas de la minorité Yi (Yunnan) ;
    b) « À la découverte du paradis terrestre de Guanyin. Une anthropologie des paysages de la Chine contemporaine (Zhejiang) ».

    Ces séances ont permis de faire une synthèse de la littérature scientifique sur le sujet abondamment traité tant en sinologie qu’en anthropologie. La discussion a permis d’explorer à nouveau frais cette littérature à partir de deux ethnographies fines traitant des représentations et pratiques au niveau micro local. Par exemple, comment une série de dispositifs (narratifs, visuels, matériels et immatériels - spirituels) participent à façonner un paysage habité par une divinité ? Le cas du site de pèlerinage dédié à Guanyin a permis de réfléchir dans une perspective anthropologique à l’environnement spatial et ses paysages, dans lequel s’établit la relation entre le voyageur d’un lieu saint et l’être divin qui l’habite.

    Pour finir, la séance finale du séminaire fut chaque année consacrée aux présentations orales des étudiants validant le séminaire, lesquels étaient conviés à proposer une discussion sur l’un des thèmes de l’année, partant de la littérature (deux textes choisis par l’intervenant étaient proposés à chaque séance pour approfondir le sujet traité) et en lien avec leur propre travail de recherche de Master, afin de montrer en quoi les concepts et discussions de l’année avaient permis d’approfondir leur propre réflexion. Ce travail oral fut complété d’un texte écrit présentant cette synthèse.

     

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 26 mars 2019.

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