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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Mode et moralité 2. Le moi dans les choses

  • Emanuele Coccia, maître de conférences de l'EHESS ( CRAL-CEHTA )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mercredi de 11 h à 13 h (INHA, salle Mariette, 2 rue Vivienne 75002 Paris), du 6 mars 2019 au 19 juin 2019

Nous avons pour habitude de penser les vêtements comme l’exact opposé de tout ce qui définit notre être moral. Selon nos mythes, le vêtement est le symbole de l’existence post-morale, la marque de la sortie du Paradis, l’évidence que l’homme a quitté une forme de vie où chacun de ses gestes était juste, moral, heureux. Aujourd’hui, la situation s’est inversée : la mode semble incarner le nouveau système de la moralité occidentale, dont elle produit les valeurs et les formes. En héritant des pratiques et des tâches des anciennes techniques morales occidentales, la mode les a objectivées, elle les a transformées en forme des relations avec des objets : les vêtements.

La mode a toutes les raisons de prétendre d’être l’héritière des anciens savoirs moraux de l’Occident. Avant d’autres formes de réflexion, elle a su comprendre que la morale est aujourd’hui question d’identité et non d’action, tout en transformant l’identité dans quelque chose de provisoire, de contextuel et surtout d’impersonnel et d’infiniment transmissible. Tout vêtement est un moi prêt-à-porter, qu’il faudra savoir porter. L’identité n’est ni innée ni produite par l’expérience : elle est un ready-made qui a la consistance d’un habit, qu’on peut s’approprier et dont on peut se libérer. Si l’identité est en elle-même un ready-made, c’est dans le rapport aux choses, plus qu’aux personnes, que se définit la possibilité de devenir moral, car le moi est aussi et surtout dans les choses : et c’est justement dans la mode que tous les objets se présentent comme des sujets (ou des véhicules des qualités morales des sujets).

Partant de ce constat, et en poursuivant le travail accompli dans les années passés le séminaire voudrait tracer l'histoire de la haute couture à travers l’analyse des collections des plus grands stylistes des derniers temps (Azzedine Alaïa, Rei Kawabuko, Martin Margiela, Alexander McQueen, Yves Saint-Laurent, Iris van Herpen etc.) ainsi que des politiques des marques les plus significatives du prêt-à-porter. À travers cette histoire « vasarienne » de la mode qui suit la création des couturiers et des marques, il s'agira surtout de dessiner une fresque de vies parallèles ou nous devenons sujets moraux grâce à ce qui existe en dehors de notre corps anatomique. 

Suivi et validation pour le master : Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Signes, formes, représentations

Intitulés généraux :

  • Emanuele Coccia- Histoire et théorie de la normativité chrétienne (des origines aux débuts de l’époque moderne)
  • Renseignements :

     par courriel.

    Direction de travaux d'étudiants :

    sur rendez-vous.

    Réception :

    sur rendez-vous.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : emanuele.coccia(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 16 novembre 2018.

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