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Filmer le champ social : « mettre en circulation des objets inquiétants ». Cinéma documentaire et pratiques réflexives en sciences sociales

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mercredi de 19 h à 21 h (salle M. & D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris), les 21 novembre, 5 et 19 décembre 2018, 16 et 30 janvier, 6 et 20 février, 20 mars, 17 avril, 15 et 29 mai, et 19 juin 2019. La séance du 29 mai est reportée au 12 juin (même horaire, même salle)

En reprenant ce titre d’un article de Jean Rouch le séminaire se propose d’« écouter » les films documentaires dans leur capacité à se tenir aux bords des mondes, en tension entre gestes singuliers et paroles multiples, entre subjectivités et altérités. En mouvement, les puissances étranges du vivant deviennent ainsi matière sensible de l’objet filmique. Si la réalité s’entend dès lors comme enchevêtrement de divers liens entre différents temps et territoires, diurnes et nocturnes, solaires et souterrains, sonores et visuels, comment se documentent les formes de la «mondialité » contemporaine ? Comment cette attention portée aux gestes qui en filmant exhibent ce que le texte académique tend à refouler, le visage et le corps du sujet pensant, vient-elle perturber, « inquiéter », les pratiques d’enquête et de recherche en sciences sociales ?

Au cours de l’année 2018-2019, le séminaire coordonné par Caterina Pasqualino, Daniel Friedmann et Monique Peyrière, invitera des cinéastes et leurs équipes pour lesquels « faire du cinéma » c'est explorer les potentialités critiques des formes de vie en s'engageant résolument au plus près des conflits collectifs et des rébellions intimes, avec le temps.

Monique Peyrière est associée à une initiative étudiante : le ciné-club PSL-Filmer le champ social, qui organise des cinés-débats au cinéma Le Champo (75005) le 3e lundi du mois, à 20 h, en présence des cinéastes : https://fcs.hypotheses.org/

Mercredi 21 novembre : « Quand on filme l'altérité de l'autre, jusqu'à quel point capte-t-on le sujet en lui ? »

  • Pour cette séance le séminaire « Filmer le champ social » accueille Richard Copans cinéaste et producteur. Projection du film : A pas lentes - 1979, 40 mn.

Réalisation collective de 4 femmes et 3 hommes - Cinélutte. co-réalisateur Richard Copans Portraits de Christiane et Renée, deux ouvrières qui sont devenues amies au cours du conflit Lip. Bien que différentes dans leur rapport au travail ou à la vie, elles se sont retrouvées en tant que femmes seules, les plus exploitées de l'atelier des ébauches. Quatre ans après le début du conflit, elles racontent leur double oppression quotidienne, comme ouvrières et comme femmes et leur désir violent de la combattre.

Mercredi 5 décembre : « Filmer pour lier ce qui disparaît et ce qui advient  »

  • Pour cette séance le séminaire « Filmer le champ social » accueille la réalisatrice Messaline Raverdy. Projection d’extraits de son film Derrière les volets - 2017, 50 mn.

À partir d’une usine vide, d’un nom de famille et d’une malle d’archives, la déambulation poétique d’une apprentie cinéaste, qui, enceinte, s’installe chez sa grand-mère. C’était moi, il y a cinq ans. Une rêverie sur l’invisible et sur l’oubli, tissée de matières éparses, archives et jeux de langage, pour un film-carnet s’interrogeant sur la transformation du corps féminin, la transmission impossible et la matière du temps.

Prix : Best Film award, Festival Olhar de Cinema - Curitiba Int'l Film Festival, Brazil, 2018.
Prix du Meilleur Film, Festival de L'Acharnière, Lille, France, 2018.)

Mercredi 19 décembre : « Filmer le conflit »

  • Pour cette séance le séminaire « Filmer le champ social » accueille le réalisateur Stefano Savona. Projection d’extraits de son film Samouni Road - 2018, 126 mn.

Dans la périphérie rurale de la ville de Gaza City, la famille Samouni s’apprête à célébrer un mariage. C'est la première fête depuis la dernière guerre. Amal, Fouad, leurs frères et leurs cousins ont perdu leurs parents, leurs maisons et leurs oliviers. Le quartier où ils habitent est en reconstruction. Ils replantent des arbres et labourent les champs, mais une tâche plus difficile encore incombe à ces jeunes survivants : reconstruire leur propre mémoire. Au fil de leurs souvenirs, Samouni Road dresse un portrait de cette famille avant, pendant et après l’événement qui a changé leur vie à jamais.

Prix : « L’œil d’or » en documentaire au festival de Cannes. Quinzaine des réalisateurs.

Sélectionné aux Etats généraux du film documentaire ; Festival du cinéma de Douarnenez

Mercredi 16 janvier : "Filmer les cultures populaires"

  • Pour cette séance le séminaire « Filmer le champ social » accueille les réalisateurs Mehdi Ahoudig et Samuel Bollendorf. Projection d’extraits du film La Parade - 2017, 58 mn.

La Parade est une fable bien réelle. C’est l’histoire de Cloclo n° 18, majorette, de Jonathan, adepte de tuning, de Freddy, éleveur de coqs de combats et de Gros Bleu, le pigeon voyageur, qui au rythme de l’harmonie d’Oignies et sous le regard bienveillant des géants, vivent leurs passions héritées des traditions ouvrières du Nord. Dans ce film. C’est un film qu’on écoute et regarde dans lequel son et image jouent à part égale une partition savante pour conduire à la pleine jouissance de chacun de nos sens, laissant à la poésie le temps de nous bouleverser.

Film sélectionné au FIPA à Biarritz (2017), au Festival Filmer le travail (2018) ; aux Etoiles du documentaire

Mercredi 30 janvier : « Filmer les conflits 2 »

  • Cette séance accueille un film de Florent Marcie, réalisateur et grand reporter. En sa présence. Saïa-Les ombres (2000, ; 29 minutes présenté au MOMA NY) .

Film expérimental sur une ligne de front en Afghanistan. Trente minutes flottantes et granuleuses. Sous-titré Les Ombres, filmé en l'an 2000 à 50 kms au nord de Kaboul, sur la ligne de front Bagram. Caméra numérique en position « ralenti », Marcie tente de montrer en un seul mouvement l’expérience physique de la guerre et l’impossibilité de la comprendre – donc de la voir. On entend des voix, des insultes, on attend les balles des talibans, on tire presque à l’aveugle. On souffle, on fume, on rit. On laisse une traînée noire derrière soi, que l’image saisit comme le galbe d’un fantôme.

Suivront des extraits d’un film récent en cours de réalisation où apparaissent les ruines de Raqua en Syrie ainsi que des Gilets Jaunes manifestant à Paris au côté d’un robot humanoïde. Le réalisateur évoquera la violence des conflits. Alors qu’il est sorti indemne des guerres qu’il a couvertes, il vient d’être blessé à Paris d’un tir de flashball qui l’a atteint en plein visage…

Mercredi ​6 février : " Filmer l’ami (1)”

  • Cette séance accueille un film de Diego Governatori, réalisateur. En sa présence et celle de l’ami Aurélien Deschamps.. Avec des extraits du film Quelle Folie, 2018, 87 minutes.

Aurélien est un ami très proche, atteint du syndrome autistique d’Asperger. Parmi les symptômes, une utilisation atypique du langage qui complique son intégration dans la société. Sa parole témoigne en effet d’une certaine difficulté à incorporer les codes qui régissent les liens et les interactions sociales, ce qui l’exclut de ce fait de toute altérité durable. Au-delà de ce que l’autisme peut expliquer, au-delà aussi des hypothèses que je pourrais formuler, il est un témoignage à son propos qui m’intéresse vivement : le sien. Comment se voit-il, se pense-t-il, s’impressionne-t-il, se vit-il ?« Je le découvre différent à chaque discussion, au point qu’il me semble le connaître tout à la fois très bien et pas du tout. Dans notre relation, il est la bouche et moi l’oreille ; nous avons trouvé notre équilibre dans ce déséquilibre-là. Aurélien m’a rempli de sa vie, de ses désordres, de ses angoisses, et nourri de ses fulgurances. A un moment, cependant, je n’ai plus pu rester passif, et le confident s’est mué en réalisateur. » (Télérama 31/01/2019)

Prix : En Janvier 2019 le film a obtenu le Grand prix du film documentaire national et le prix Mitrani au Fipadoc de Biarritz . En 2018 il a par ailleurs été sélectionné dans de nombreux festivals dont Les Ecrans Documentaires d’Arcueil, Doclisboa, Cinemed, Les Etats Généraux du film documentaire de Lussas.

Mercredi ​20 février : "Filmer l’ami (2)”

  • Cette séance accueille un film de Matthieu Dibelius, réalisateur. En sa présence. Avec le film dans son intégralité D’ici là, 2018, 45 minutes.

Koffi conduit des personnes "en situation de handicap et à mobilité réduite". Calme et silencieux, il part chaque jour sillonner Paris dans son véhicule. Attentats, état d'urgence, manifestations, campagne électorale : rien ne semble pouvoir interrompre le temps suspendu de son vaisseau qui le tient à distance de l'agitation d'une capitale dans la tourmente. « D’ICI LÀ est un film bouleversant – sensible, attentif, tout entier concerné par la beauté des personnes qui le traversent – mais c’est aussi un film politique au sens le plus noble du terme, du moins si l’on convient que le politique est une expérience de la pluralité et du commun, qui a pour finalité la liberté » (Caroline Zéau).

Prix : Le film est sélectionné dans de nombreux festivals : La Première fois, festival du premier film documentaire (Marseille, 2019) ; Filmer le travail (Poitiers 2019) ; Fipadoc (Biarritz, 2019) ; IFDA (Amsterdam 2018) ; CorsicaDoc (Ajaccio 2018) ; Etats Généraux du Film Documentaire (Lussas , 2018).

Mercredi 20 mars : « Filmer l'inquiétante question de la fin du conflit sans fin »

  • Cette séance accueille un film de Daniel Friedmann, réalisateur. En sa présence. Avec le film dans son intégralité (Des)espoirs de paix, 2019, 52 minutes (version courte).

"Le film est né de mon inquiétude devant l'absence de solution au conflit israélo-palestinien.
Je sillonne Israël et les territoires palestiniens et je demande à mes interlocuteurs des deux peuples "comment comprenez-vous cette impasse sans fin alors que les sondages montrent depuis des années déjà qu'il y a au sein de chaque peuple, bon an mal an, une majorité pour accepter une solution à deux états ? "

Mercredi ​18 avril 2019 : « Produire des films de combat »

  • Cette séance accueille un film de Maria Lucia Castrillon, réalisatrice. En sa présence et celle d’Inger Servolin, protagoniste du film, à l’origine avec Chris Marker de la société de production de films SLON, aujourd’hui ISKRA. Avec un très large extrait du film Lettre à Inger, 2018, 81 minutes.

Entre extraits de films, lettres adressées à Chris Marker et témoignages de ses compagnons de route, ce documentaire retrace le parcours d'Inger Servolin une des premières femmes productrices de documentaire en France. Elle fonde en 1968 la coopérative Slon devenue Iskra en 1973, une de rares maisons de production de l'époque qui existe encore.

Mercredi ​15 Mai 2019 : « Filmer l’ami (3) »

  • Cette séance accueille un film de Pierre Tonachella. En sa présence. Avec un très large extrait du film Jusqu’à ce que le jour se lève, 2017, 107 minutes.

Dans les marges de la périphérie des villes, Pierre, chômeur, affronte sa solitude. Ses amis partagent leurs semaines entre labeur et week-end de fête déchaînée. À leurs côtés, Théo, martèle des déchets en chantant. Tous tentent de faire d’une fuite une évasion.
Le cinéaste filme ses amis d’enfance, demeurés dans l’Essonne rurale où il a grandi. Leur quotidien de désœuvrement, de beuverie ou de travail est scandé par la musique. "Un film avec eux, pour aller chercher ce qui gronde dans l’oubli et les marges du territoire."

Mercredi 12 Juin 2019 : « Filmer les habitants »

  • Cette séance accueille un film de Manon Ott. En sa présence. Avec un très large extrait du film De cendres et de braises, 2018, 73 minutes.

Portrait poétique et politique d'une banlieue ouvrière en mutation, De Cendres et de Braises nous invite à écouter les paroles des habitants des cités des Mureaux, près de l'usine Renault-Flins. Qu'elles soient douces, révoltées ou chantées, au pied des tours de la cité, à l'entrée de l'usine ou à côté d'un feu, celles-ci nous font traverser la nuit jusqu'à ce qu'un nouveau jour se lève sur d'autres lendemains possibles.

"Les Mureaux, en région parisienne. Les cités HLM se réveillent dans un noir et blanc qui annule la grisaille attendue des quartiers. À quelques kilomètres, les usines Renault emploient encore une partie des habitants, à commencer par les enfants de ceux qu'on fit venir d'Afrique et du Maghreb dans les années 1960. Que reste-t-il de la classe ouvrière ? En bas des barres d'immeubles, à l'entrée de l'usine avec les syndiqués et les militants, ou au bord d'un étang, Manon Ott nourrit son film de la parole, raisonnée, douce, révoltée ou chantée de ceux qui vivent là. Des luttes sociales du passé à la précarité des esclaves modernes, chômeurs et intérimaires, elle construit un discours collectif d'une intelligence absolue sur le monde du travail, loin des poncifs de la banlieue, de l'immigration et de la délinquance - ou plutôt, la résistance économique, comme dit l'un des protagonistes. Et quand au bout de la nuit cet ex-taulard qui a lu Karl Marx et Rimbaud en prison raconte son enfance de gamin de banlieue avide d'argent vite gagné, le feu qui couve révèle la puissance politique d'un film aussi sensible que subversif."
(Céline Guénot - Visions du Réel)

Suivi et validation pour le master : Mensuel annuel/bimensuel semestriel (8x3 h = 24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Méthodes et techniques des sciences sociales

Intitulés généraux :

Renseignements :

Le séminaire est ouvert aux étudiants ainsi qu’à toute personne qui porte intérêt aux pratiques filmiques documentaires contemporaines. Auditeurs libres acceptés.

Direction de travaux d'étudiants :

Caterina Pasqualino, par courriel 

Monique Peyrière par courriel ou tél. : 06 13 02 52 09. 

Daniel Friedmann, par courriel ou tél. : 06 80 27 58 35.

Réception :

Sur rendez-vous pris par courriel ou tél.

Niveau requis :

master pour les étudiants qui valident les ECTS. 

Les auditeurs libres sont acceptés quel que soit le niveau.

Validation : les étudiants ont le choix entre :

  • la réalisation d'un film documentaire court (max 12 minutes) sur les thématiques et les démarches  du séminaire, film qui sera projeté lors de la dernière séance du séminaire ;
  • le rendu d'un dossier de 7 à 10 pages d'analyses portant sur les films projetés au cours d'une séance du seminaire au cours de l'année, avec entretien avec les cinéastes (mise en ligne possible). Ce dossier sera présenté et discuté lors de la séance de juin ;
  • une analyse comparative à partir d'entretiens de plusieurs cinéastes accueilis par le seminaire, portant sur les thématiques traitées au cours de l'année. Dossier qui sera présenté lors de la séance de juin 

 

Site web : https://fcs.hypotheses.org/

Adresse(s) électronique(s) de contact : monique.peyriere(at)ehess.fr, daniel.friedmann(at)ehess.fr, caterina.pasqualino(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 26 juillet 2019.

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